Sciarrino Salvatore (1947)

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Sciarrino Salvatore (1947)

Message par Merlin le Sam 7 Déc - 8:48

On en parle déjà ici. Ce - presque - autodidacte tient une place importante dans la musique actuelle.
Je suis entré dans son oeuvre par ce disque, écouté en boucle pendant plusieurs semaines:
"Sui poemi concentrici", cycle en 3 parties de plus de 45 minutes chacune, a été composé en 1987 pour la Radiotelevisione Italiana. Il s'agissait de la bande son d'accompagnement d'un feuilleton TV basé sur la Divine Comédie du Dante. Sui poemi concentrici n'est qu'une partie abrégée, "de concert", des 15 heures de musique initialement écrites pour la bande originale !
Le titre est bien entendu une allusion aux cercles concentriques - au centre desquels se trouve la terre - qui constituent l'Univers d'après Dante:
La partition de concert n'est pourtant pas une oeuvre à programme. Chacune des parties commence par une variation sur un court thème initial joué par des instruments solistes (flûte, clarinette, violon, violoncelle ?), thème qui réapparait souvent au court du mouvement correspondant, à chaque fois dans un contexte orchestral différent toutefois, donnant cette impression de "circularité", de "rotation".
Chacun des trois thèmes initiaux, qui sont proches les uns des autres, a une couleur propre, ce qui donne sa physionomie particulière à l'ensemble du mouvement.
Comme souvent chez Sciarrino, les sonorités, les couleurs sont ténues. On a l'impression d'un lent cheminement: des ombres passent, des figures apparaissent, puis s'éloignent, dans une sorte de langueur étrange, étonnée, distante. Monde fuyant, un peu inquiétant mais captivant en même temps.


Dernière édition par Merlin le Sam 4 Jan - 16:46, édité 2 fois
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Re: Sciarrino Salvatore (1947)

Message par Merlin le Sam 7 Déc - 13:44

Excellente version de "De la Nuit" d'après Ravel.
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Re: Sciarrino Salvatore (1947)

Message par Mélisme le Dim 8 Déc - 9:33

Compositeur passionnant! Bien que je me sois encore très peu documenté et penché sur lui. Mais j'apprécie beaucoup ce côté intimiste que tu évoques justement, et ce poids considérable donné au silence, et à la contemplation.

J'ai ce coffret chez Kairos de pièces pour orchestre:



Ces sections entières concentrées sur un bruissement de feuilles, un bruit de clef, de ténus harmoniques, c'est assez prenant :-)
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Re: Sciarrino Salvatore (1947)

Message par Merlin le Ven 3 Jan - 9:21

Un'immagine di Arpocrate, pour piano et orchestre avec chœur(1974-1979).

Harpocrate (Horus), dieu enfant du silence, gardien des secrets mystiques, chez les greco-romains et les égyptiens (lire l'excellent texte "« Chut ! » Le signe d’Harpocrate et l’invitation au silence", téléchargeable ici: Arrow.
Inquiétante nappe de souffles, mouvante, chaotique, évoquant le vent ou la surface de la mer qui, à intervalles réguliers se crispe, se cristallise pour faire émerger une guirlande de sons perlés au piano, variée comme le chant d'un merle. Mais le retour, systématique, irrémédiable et mécanique de cette mélodie "pivot" n'est pas rassurant, bien au contraire, ne résout aucune tension.

"La dilatation du temps spatialise l'écoute: nous nous trouvons dans un lieu non-lieu, où les sons flottent dans une atmosphère immobile (...). Perception immédiate, très forte et entièrement mentale: écologie du son et du silence(...). Le vide matérialise la respiration de l'auditeur, dans l'attente de l'événement qui suivra.", écrit Sciarrino dans la notice.
Je crois que je commence à comprendre.
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Re: Sciarrino Salvatore (1947)

Message par Cocotier le Ven 3 Jan - 13:35

Dans le même esprit, il me revient les propos de l'Allemand Hanz Jürgen von Böse lorsqu'il présenta son œuvre Process, créée en 1988 à Radio France :

« Le titre Process (processus) se rapporte à des variations constantes de quelques structures de base qui se mélangent chaque fois dans des contextes différents et dans de nouvelles combinaisons. Ces structures doivent s'écouter sur un plan moléculaire, être ressenties de manière sensuelle, et non se percevoir sur un plan microstructurel au travers de microparticules quasiment insaisissables à l'intérieur d'unissons. La forme s'organise autour d'un développement non finalisé, c'est-à-dire autour d'une idée, d'un parcours virtuellement existant sans début ni fin. C'est pourquoi chaque mutation sera accentuée par un signal de cloche-tube... »

C'est beau comme l'Antique mais je ne sais pas ce que ça veut dire...

Cela dit, j'ai pu écouter Un'immagine di Arpocrate sur YouTube et je trouve que c'est une œuvre vraiment intéressante par l'atmosphère d'étrangeté qu'elle entretient en permanence.
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Re: Sciarrino Salvatore (1947)

Message par gluckhand le Mar 25 Mar - 17:13

J'ai écouté récemment un petit opéra de lui LUCI MIR TRADITRICI, c'est un opéra agréable à écouter , parfois chuchoté et presque parlé mais comme tous les grands italiens Sciarrino, sait faire chanter la voix et s'en servir.C'est un CD tradivarius
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